L’Hypersensibilité

par | Sep 15, 2021 | Non classé | 0 commentaires

Penser différemment ou avoir l’impression de …

Si je pense différemment, est-ce que cela fait de moi un OVNI ?

C’est une question que je me suis posée car j’ai souvent eu l’impression d’être transparente ou d’être en

décalage par rapport à l’environnement dans lequel j’étais. J’avais l’impression d’être à côté de la plaque,

j’avais envie de dire quelque chose, éventuellement oui, cela pourrait être percutant – dans ma carte du

monde, de mon point de vue … et finalement, Non ! Je me taisais avec des pensées, des questions comme

« les autres sont mieux que moi et auront de meilleures idées », « Comment va être reçu ce que je dis ? »,

« En quoi suis-je légitime par rapport aux autres pour m’exprimer ? ».

Cela pourrait être aussi =

  • Se poser 1000 questions et avoir envie d’en poser pour questionner le système et le sens,
  • Vouloir comprendre la pertinence des décisions ou des positionnements
  • Avoir une vision des détails mais aussi de l’ensemble et en percevoir les liens

Est-ce que cela vous parle ? Il peut y avoir tant de situations différentes …

Si nous pensons différemment ou en avons l’impression, comment nous sentons-nous à l’intérieur dans

ces situations ? Comment le vivons-nous dans notre rapport avec le monde extérieur, les autres ?

Est-ce compliqué ?

Si nous en avons conscience, si nous nous sommes sentis déjà en décalage mais que maintenant nous

en avons conscience, qu’est-ce qu’il peut se passer de différent ?

Dans le respect de la personne que nous sommes et sans pouvoir changer ce qui nous entoure, qu’est-ce

qui se passe si nous sommes aussi dans la bienveillance ? Juste ralentir, respirer, sentir que nous sommes

là bien présents dans notre corps … qu’est-ce qu’il peut se passer d’un peu différent ?

Pour aller plus loin, c’est quoi penser différemment ? C’est quoi être neuro-atypique ?

Un terme qui est souvent utilisé avec atypique. Neuro-atypique vs Normo-pensant.

Etre atypique, qu’est-ce que c’est ?

Ce sont des enfants, des adolescents, des adultes présentant des troubles de l’apprentissage comme les Dys,

le TDA-H, des hypersensibles, des enfants ou des adultes à Haut Potentiel, les TSA (ou Troubles du Spectre

de l’Autisme dont le syndrôme d’Asperger mais j’approfondirai ultérieurement cela) … et tant d’autres

parmi ceux aussi qui réussissent à faire illusion.

Les hypersensibles (15 à 20% de la population) ont un fonctionnement psychoaffectif et cognitif

particulier, un cerveau qui a un traitement plus profond de l’information avec un sens du subtil et

du détail hors du commun…

Les troubles Dys (environ 6 à 8% de la population) sont des troubles cognitifs spécifiques, des troubles

neurologiques persistants et durables mais qui n’affectent en aucun lieu le niveau d’intelligence. Nous

ne devenons pas Dys, c’est héréditaire et d’origine génétique. Ainsi pour la dyslexie et la

dysorthographie, cela touche l’acquisition du langage écrit. Pour les troubles du développement moteur,

c’est la dyspraxie, et pour le développement moteur écrit, nous parlons de dysgraphie. Lorsqu’ils touchent

les activités numériques, il s’agit de dyscalculie. Pour le langage oral qui est touché, il s’agit de dysphasie.

Le Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité – TDA-H est un trouble neurologique

durable qui touche 5 à 7% de la population, divisé en 3 types = inattentif (comme la difficulté à faire

attention aux détails, à rester concentrer, …), hyperactif – impulsif (comme l’agitation et / ou le

tortillement, …), combiné (une combinaison des deux autres types).

Il y a aussi les enfants intellectuellement précoces ou à haut potentiel, les adultes à haut potentiel. C’est

un fonctionnement psycho-affectif et cognitif particulier qui concerne seulement 2,3 % de la population.

Et si pour tous ces neuro-atypiques, l’hypersensibilité est un trait commun assez souvent, j’ai envie de

faire un focus dessus.

Les caractéristiques de l’hypersensibilité

L’hypersensibilité est un fonctionnement émotionnel particulier qui touche 15 à 20% de la population. Cela

 représente une sensibilité plus forte que la moyenne à des stimuli, sensibilité autant physiologique, 

biologique que psychologique. Ceci conduit à une amplification des phénomènes et de leurs conséquences, 

positives ou négatives. L’hypersensibilité n’est pas un trouble mais une particularité.

Elaine Aaron, Docteur en Psychologie, a mis en évidence en 1991 que les personnes hypersensibles ont des 

processus cérébraux qui se traduisent par une surexcitation dans les zones neuronales relatives aux 

émotions et à l’interaction, engendrant une plus grande empathie. Ainsi, certaines zones s’avèrent plus 

réactives aux réponses émotionnelles et aux interactionschez les personnes hypersensibles que chez celles 

qui ne le sont pas. Amplificateur de toute expérience, l’ hypersensibilité participe tout autant au 

développement des compétences de l’individu, de ses qualités, que d’un trouble particulier : ce qui est 

modérément stimulant pour la plupart des gens va devenir extrêmement stimulant et peut 

prendre la forme d’un «traumatisme».  Cela apporte une sensibilité accrue aux réactions physiologiques, à

tout exemple dysfonctionnel, de la fatigabilité, le développement de l’hyper-vigilance.   

Ses caractéristiques sont :

  • l’hyperesthésie, c’est-à-dire une réaction disproportionnée aux stimuli sensoriels. Il y a aussi un 

traitement sensoriel plus complexe et plus subtil.

  • l’hyper-réactivité émotionnelle, des émotions exacerbées, mis en lumière grâce aux neurosciences

le traitement profond de l’information avec un sens du détail et du subtil, avec une utilisation plus 

importante des zones de traitement perceptif de l’information

  • l’empathie, l’intuition et ma créativité

Ainsi, l’hypersensible possède de nombreuses qualités : des capacités d’observation, de réflexion, 

d’apprentissage et de concentration, une sensibilité artistique, des capacités pour les tâches demandant 

vigilance, précision, rapidité… 

Néanmoins, ce rapport particulier au monde a un impact sur la qualité des relations que l’enfant entretien

 avec sa famille et à l’école. Ses réactions peuvent décontenancer et amener une grande  incompréhension. 

A l’école, l’enfant perçoit sa différence et les autres lui renvoient une image négative de lui-même.

Du fait de son hyper-réactivité émotionnelle et de sa lucidité extrême, l’enfant hypersensible peut être plus

anxieux que la moyenne. De ce fait, l’adolescent hypersensible peut ressentir l’interaction avec les autres

comme une source de déception, de frustration, de souffrance et d’incompréhension.

Il y a également un questionnement incessant sur l’extérieur, l’environnement, la relation aux autres

et aussi sur soi-même. Cette perception aiguë déclenche une anxiété structurelle

Alors comment aider son enfant ou son ado hypersensible ? Et en tant qu’adulte ?

Quelles sont les solutions pour mieux s’accepter ?

En prendre conscience en est une déjà … et ensuite ? Qu’est-ce qui est important au préalable ?

Je dirai d’intégrer en tant qu’adulte HPS et parent d’un enfant HPS les caractéristiques même du HSP, se 

dire qu’elles font partie de leur quotidien et vivre avec, c’est déjà un grand pas.

  • Pour les parents, se mettre à la place de leur enfant, s’ouvrir à eux et s’ouvrir à lui, se mettre dans son 

monde pour mieux le comprendre, l’écouter = apprendre à l’observer.
Pour les adultes HSP, se mettre en recul et comprendre ses propres caractéristiques pour les adapter ensuite, 

en prendre compte dans son quotidien = apprendre à s’observer.

  • Juste déjà être attentif à soi. Le bonheur est-il le pendant nécessaire au drame ? Le malheur est-il 

forcément indispensable à l’appréciation des bonheurs de la vie ? Essayer de ne pas trop en attendre, 

de ne pas trop attendre pour profiter juste de l’instant présent.

  • Lâcher prise de ses ruminations mentales. Les ruminations mentales rendent l’esprit bavard. Être en proie à trop de réflexions peut se détourner de ses ressentis. 
  • Apprendre à lâcher prise de temps en temps sur le flot continu des pensées pour prendre plus conscience de soi.

Quels sont les moyens pour s’aider ?

Il en existe plusieurs :

– Éviter les endroits où il y a foule : fêtes, rues marchandes, cours d’école, centres commerciaux = un bon 

dosage est toujours possible. Dans des situations riches en stimuli, il faut beaucoup d’énergie

aux hypersensibles pour traiter toutes les informations. Si ces situations durent trop longtemps, il y a une 

décompensation. Il est possible de trouver des moments pour se retirer, se fermer au monde extérieur avec 

notamment des écouteurs.

– Avoir du temps pour passer ensuite à l’action : les personnes hypersensibles reçoivent beaucoup 

d’informations, qu’ils traitent rapidement mais en profondeur et elles ont besoin de davantage de 

temps pour effectuer des tâches. Sur une étude menée par Hélène Van Hoof, c’est ce qui a été prouvé : 

« ensuite, ils commettent beaucoup moins d’erreurs que la moyenne ». Elles frôlent d’une certaine 

manière l’attentisme, observent d’abord avant de passer à l’action.

– Apprendre à bien prendre soin de soi : comme les hypersensibles sont extrêmement tournés vers les 

autres, ils ne prennent pas souvent soin d’eux.

Pour les enfants HSP comme pour les adultes aussi, en admettant que nous connaissons ses limites 

/ ses limites et qu’après l’action, nous savons l’aider à recharger ses batteries ou recharger les

nôtres., nous lui apprenons, nous apprenons comment aider son corps à retrouver le calme. 

Une vie structurée aide aussi avec des routines claires, c’est créer de l’ordre et les aider à anticiper.

– Apprendre à gérer ses émotions : les enfants HSP peuvent se mettre dans des états émotionnels forts 

en raison d’un excès de stimuli et parce que leur système de gestion du stress fonctionne différemment. 

Ils ont des scores plus élevés. Lorsqu’ils réagissent avec émotivité, Elke van Hoof conseille de les laisser 

souffler. Les enfants HSP disent qu’ils le sentent venir.

La punition est difficile à accepter pour l’HSP assoiffé de justice. Les HSP sont sensibles aux humeurs et 

à l’atmosphère. Ainsi, ils ressentent vite comment quelqu’un se sent et de part leur empathie, ils 

peuvent absorber cette humeur.

– Considérer son hypersensibilité comme une richesse : les personnes qui considèrent leur hypersensibilité

 comme un talent ont plus de ressort. Il y a de nombreux avantages à traiter les informations 

en profondeur, font des associations plus facilement, ont l’œil pour le détail et sont plus créatifs, 

plus empathiques. 

Ils apprécient les choses plus intensément, peuvent se consacrer intégralement à une activité.

– Être conscient de l’impact de ses paroles : les enfants hypersensibles font des remarques qui ne 

sont pas de leur âge ou posent des questions profondes. Il faut donc en tenir compte lors des 

conversations avec eux. 

Tout est perçu violemment chez les HSP : les sons forts, la lumière vive mais aussi les critiques 

et les remarques qu’on peut leur faire. Ils peuvent avoir tendance à tout ramener à eux.

Pour les parents d’enfants hypersensibles, c’est bien d’être parcimonieux avec les remarques et 

il faut les exprimer sans colère.

Sur l’ensemble de ces caractéristiques reconnues, la gestion des émotions est un point essentiel

dont nous pouvons parler ensemble.


N’hésitez pas à m’écrire à bottreauemmanuelle@gmail.com, m’appeler au 06 61 88 97 48 ou me contacter par le site internet https://facilitations.bzh/

Crédit photo = www.unsplash.com

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *