[Témoignage d’autiste] : Comment lâcher prise quand on est une « control freak » ?

[Témoignage d’autiste] : Comment lâcher prise quand on est une « control freak » ?

Lâcher prise. Quelle drôle d’idée !

Je ne suis pas de ce genre-là, moi : chaque instant de ma vie doit être occupé à faire un truc.

  • Répondre à un mail
  • Écrire un article
  • Faire les courses
  • Faire le plein
  • Lancer une lessive
  • Regarder ce documentaire super intéressant
  • Récupérer mon colis à la Poste
  • Repeindre une chaise
  • Poncer une table de nuit
  • Faire 30mn de marche
  • Trier les livres de ma bibliothèque
  • Préparer des lasagnes
  • Dessiner le plan du petit meuble que je vais construire pour ranger les bouteilles…
  • Et, surtout, FAIRE DES LISTES de tout ce que je dois faire pour ne rien oublier.

Lâcher prise, si c’est synonyme de ne rien faire, alors c’est mission impossible. Non seulement je suis dans une logique ultra-productiviste (est-ce mon éducation ou mon TSA qui a décidé de m’affubler de ce trait de caractère ?), mais poser son cerveau fait partie des grands mystères de l’humanité.

J’ai souvent essayé de me relaxer dans un transat, d’écouter le vent dans les arbres et de regarder le ciel en essayant de ne penser à rien. Penser à RIEN. Bah ça marche pas.

Mon cerveau ne se calme jamais. Il tourne 24/7.

Parfois comme un petit moteur bien huilé, toujours en train d’avoir une nouvelle idée, de penser à un truc à faire demain, de faire remonter un vieux souvenir de nulle part, de se rappeler qu’il faut gonfler les pneus de mon vélo.

Parfois aussi comme un réacteur de Boeing en pleine tempête, jusqu’à me faire sentir de la chaleur à l’intérieur de mon crâne, à force de tenter de canaliser les millions de pensées qui se bousculent à l’entrée de mon imagination.

👀 La vidéo de Le TSA, mon chien et moi sur la charge mentale des autistes décrit assez bien ce que je ressens. 👇👇👇

Lâcher prise, si ça correspond à accepter de perdre le contrôle absolu que je crois avoir sur ma vie, alors c’est peine perdue. J’ai un petit côté « control freak », j’avoue.

Tout va bien pour moi quand je sais ce qui va se passer dans la prochaine heure, demain, le mois prochain. Un simple petit grain de sable suffit à détruire le fragile engrenage de ma vie bien cadrée. Un changement de programme et c’est l’angoisse. Un retard de train et c’est la catastrophe.

👀 Vous voulez énerver un autiste ? Changez les plans à la dernière minute ! Merci à la chaîne Putain d’autiste pour ce rappel indispensable ! 👇

Mais je ne suis pas une machine. Comment supporter la charge mentale et les aléas du quotidien sans jamais lâcher prise ? Je crois que c’est impossible.

Parfois, Je me sens comme un vieil ordinateur auquel on n’a jamais fait les mises à jour ni vidé la corbeille. C’est le trop plein, il faut défragmenter, évacuer les pensées parasites, jeter les souvenirs qui ne servent à rien, trier les informations, faire de la place pour acquérir de nouvelles connaissances.

Mais comment faire ?

Voici donc les principaux cas de figure pour moi, qui ne suis pas naturellement programmée pour être cool, ainsi que mes solutions qui marchent. En général. Parce que, évidemment, le lâcher prise n’est pas une science exacte. Ce serait trop facile.

autisme

🧘🏻‍♂️ Mode zen : c’est quand je choisis de lâcher prise… parce même ça, il faut le contrôler !

1️⃣ Méditer seule étant compliqué pour moi, j’opte pour la méditation guidée. De nombreuses ressources sont disponibles sur YouTube ou les plateformes d’écoute, j’ai fait ma petite sélection. Idem pour le yoga, je sais que ça me fait du bien mais je dois suivre un cours pour en profiter pleinement. Bref, il faut qu’on me dise quoi faire et je me relaxe mieux !

Efficacité : ⭐️

2️⃣ Marcher avec les écouteurs vissés sur les oreilles, plongée dans mes sélections musicales tout en faisant bouger mon corps au rythme des morceaux, en imaginant des histoires et des personnages le long de mon chemin. Je le faisais souvent quand j’habitais en ville, le béton et les transports en commun constituent d’excellents terrains de détente, avec le volume à fond évidemment.

Efficacité : ⭐️

3️⃣ Un temps calme dans mon hamac. J’ai un grand hamac dans lequel je peux m’enrouler complètement et me transformer en chrysalide géante le temps d’un petit somme (avec couette et oreiller en option). Le fait de me sentir contenue, protégée dans mon filet m’apaise énormément. Avec le chat qui ronronne sur les jambes c’est encore plus efficace.

Efficacité : ⭐️⭐️

4️⃣ Bricoler en utilisant des outils aux vibrations régulières, avec des boules Quiès pour un effet immersif encore plus prenant. La ponceuse et le rotofil font partie de mes chouchous. Avec un bonus pour le rotofil, qui me donne l’impression de passer l’aspirateur dans le jardin, ce qui est extrêmement satisfaisant !

Efficacité : ⭐️⭐️

5️⃣ Adopter le lâcher prise comme état d’esprit. Ralentir, arrêter de courir dans tous les sens pour remplir 50 tâches dans la journée, travailler moins mais mieux, supprimer les notifications du téléphone, prendre le temps de cuisiner tous les jours, avoir des poules et récolter des œufs frais… bref, arrêter de vouloir vivre à tout prix comme la plupart des neurotypiques !

Efficacité : ⭐️⭐️⭐️

À lire également :

Vis ma vie d’aut(omobil)iste, où comment je gère les trajets en voiture avec mon TSA et mes petites manies.

🤯 Mode hard : c’est quand mon corps décide de lâcher prise sans me demander mon avis. La bonne nouvelle, c’est que je l’écoute. La mauvaise, c’est qu’il le sait très bien.

🟡 Niveau d’urgence 1 : contrariété de type appeler ou répondre au téléphone à une personne que je ne connais pas.

✔️ Parade : j’ai à portée de main un petit objet souple en caoutchouc avec des picots (une brosse à légumes), que je triture pour me détendre.

🟠 Niveau d’urgence 2 : inconfort puissant lié à un évènement type prise de parole en public ou à un changement de programme.

✔️ Parade : l’isolement dans une bulle de protection, le mutisme, le refus net de tout contact social pendant un temps plus ou moins long.

🔴 Niveau d’urgence 3 : angoisse profonde liée par exemple à la peur de l’avion ou à la présence d’une foule.

✔️ Parade : l’évitement. J’avais un professeur d’arts martiaux qui répétait : « un combat évité est un combat de gagné ». Je suis totalement d’accord !

J’ignore si ma manière de tendre vers le lâcher prise est différente ou similaire à celle des personnes qui ne présentent pas de TSA.

Je ne pense pas qu’il y ait de cas de figure universel, on ne peut pas affirmer « ça c’est typiquement une réaction d’autiste » ou « ça c’est typiquement une réaction de neurotypique ».

Je sais simplement que certaines solutions, qui peuvent sembler étranges, fonctionnent pour moi (la ponceuse, sérieusement… et encore je ne me suis pas étendue sur mon amour du repassage !).

Je crois enfin qu’il est important de se connaître et d’accepter ses propres bizarreries et que le premier pas pour apprendre à lâcher prise est l’introspection.

Et ça, c’est le job de toute une vie (d’autiste ou pas !).

🧐 Pour aller plus loin : un excellent site sur la fatigue cognitive chez les autistes. https://www.autistic-brain-fatigue.com/comprendre-la-fatigue-cognitive

S’ouvrir à son enfant intérieur …

S’ouvrir à son enfant intérieur …

Au départ, ce sont des adultes que je reçois en sophrologie pour des problèmes de stress, de gestion des émotions, de troubles du sommeil, des problèmes liés souvent au travail et à l’épuisement professionnel .

Des adultes parfois en contrôle de leurs émotions, colère, tristesse, peur, dégoût, …

Des adultes en contrôle parfois, en pilote automatique, dans les « il faut que ». Parfois, des adultes qui ne sont plus connectés à eux, mais parfois coupés d’eux-mêmes, de ce qu’ils ressentent et ce à quoi ils peuvent aspirer.

C’est un besoin à la base qui les font pousser la porte de mon cabinet … un mal-être, une envie d’aller mieux, d’être mieux par une écoute, un retour à soi par le corps, la respiration en faisant de la sophrologie, mais pas que. En fait c’est tout ce qui est bon pour soi, tout ce temps que nous pouvons nous accorder juste pour reprendre notre place, celle que nous avons naturellement, en bienveillance avec nous-même. J’écris « nous » car nous sommes tous concernés plus ou moins, moi y compris.

adulte travail

Introduire un peu plus de vie, un peu plus de soi, un peu plus de pétillements, un peu plus de folie. Redevenir un enfant, peut-être le petit enfant que nous étions autrefois, revenir un peu plus vers notre « enfant intérieur ». J’évoque cela lors des séances en sophrologie.

Mais qu’est-ce que c’est ce concept de «  l’enfant intérieur » ?

L’enfant intérieur serait “la mémoire de l’enfant que nous avons été”. Ainsi, les joies, les peines, toutes les émotions ressenties, toutes les expériences de l’enfance marquent le “moi” profond et façonnent l’adulte en devenir d’après Marie-France et Emmanuel Ballet de Coquereaumont, créateurs de la méthode de l’enfant intérieur.

enfant intérieur

Cet enfant peut être inhibé, réduit au silence avec toutes les caractéristiques qui sont minimisées : spontanéité, résilience, joie, amour des autres, absence de jugement, espièglerie et exubérance.

Ainsi, reconnaître et libérer son enfant intérieur permet de vivre plus spontanément, de découvrir et libérer son potentiel créatif.  “Sitôt qu’un individu a apprivoisé et nourri spirituellement son Enfant intérieur blessé, l’énergie créatrice de son merveilleux Enfant naturel commence à émerger”, explique le  psychologue américain John Bradshaw.

Qui garde sa faiblesse est fort !

« Qui garde sa faiblesse est fort !». Le livre du Tao-te-king (le Livre de la voie et de la vertu) met en avant que chacun a l’opportunité de tirer une grande force de ses faiblesses. Ce sont les faiblesses conscientisées et acceptées qui rendent plus forts et plus humains. La vulnérabilité est ainsi universelle et fait écho aux nôtres. Se dévoiler vis-à-vis de ses faiblesses, est le meilleur moyen de devenir plus adulte et plus fort dans la vie. Être soi réclame du discernement et c’est à chacun d’être vigilant et de sentir avec qui il est possible de s’exprimer en toute confiance.

En séance de sophrologie, être à l’écoute de l’autre, sans jugement, rentrer dans sa carte du monde favorise la parole, l’expression de soi en toute confiance.

En se dévoilant, cela permet de développer la compassion. Le terme  « compassion » vient du latin « compasio » qui signifie « souffrance commune ». Ainsi, celui qui garde sa faiblesse est fort car il garde son entière humanité. Et se connaître, c’est reconnaître toutes les composantes de son humanité.

Et du côté de nos besoins ?

L’homme se caractérise aussi par de fortes aspirations, qui sont en fait des besoins, des besoins réels.

Thomas d’Ansembourg, psychothérapeute, définit ainsi les besoins : «  Il s’agit des besoins de base, ceux qui sont essentiels au maintien en vie, ceux que nous devons satisfaire pour trouver un équilibre satisfaisant, ceux qui touchent aux valeurs humaines. »

enfant jeu

Nous pouvons ignorer quels sont nos véritables besoins, de confondre aussi désirs et besoins. Les désirs sont plus fugaces, superficiels alors que les besoins sont plus profonds et plus justes. Les besoins sont, comme les désirs, nombreux, sauf qu’ils sont essentiels pour nous rendre heureux.

La capacité de répondre à ses besoins, dépend de ce qui a été reçu dans l’enfance. Aussi, de nombreux besoins chez l’adulte sont intimement liés aux manques de l’enfance. C’est un point essentiel pour Guy Corneau, psychanalyste, : « d’un point de vue psychologique, nos besoins s’articulent la plupart du temps à des blessures du passé ».

Les manques de l’enfance amènent des besoins impérieux à assouvir. Comme le besoin est juste, la recherche compensatoire risque d’entraîner des dépendances affectives, matérielles. L’unique personne capable de nous réparer est juste nous-même.

enfant émotions

Notre enfant intérieur,  comment le retrouver ?

Pour prendre contact avec notre enfant intérieur, voici quelques exercices simples :

  • Adopter les attitudes d’un enfant = Pour commencer à (re)prendre contact avec notre enfant intérieur, il est bien de se mettre dans la peau d’un enfant justement. Adopter des postures typiques, les gestes et les attitudes des enfants peut rapprocher de celui qui est en nous.
  • Entamer le dialogue avec notre enfant intérieur = Il est possible de commencer par lui écrire une lettre, en remontant dans nos souvenirs jusqu’au moment où la communication a été rompue avec lui. Comme dans une véritable discussion. Qui n’a jamais parlé tout(e) seul(e) ?-
  • Dessiner= Le dessin est largement plébiscité pour extérioriser ses émotions, ce qui nous interroge. Pour l’enfant intérieur, c’est possible de lui demander de dessiner comment il nous voit adulte. Afin de lui permettre de s’exprimer plus librement, c’est possible de dessiner de la main qui n’est pas utilisée (la gauche pour les droitiers et la droite pour les gauchers).

« Devenir un adulte qui s’ouvre à son coeur d’enfant est la véritable marque de la maturité » – John Bradshaw

 Alors prêt.e à vous ouvrir à votre cœur d’enfant ?

 Ce que j’apprécie le plus lors de séance en sophrologie, c’est lorsque la spontanéité, le rire, les émotions viennent. Elles viennent du plus profond de notre cœur, de notre innocence. Se reconnecter à soi, à son enfant-intérieur et juste faire confiance. Avoir confiance en soi, en la vie, juste prendre du temps pour soi. C’est un beau cadeau pour soi quand vous venez pour une séance sophro.

crédits photo = www.pexels.com

Toi, mon enfant … ou quand l’autisme devient une évidence … (Témoignages de mamans)

Toi, mon enfant … ou quand l’autisme devient une évidence … (Témoignages de mamans)

Mon enfant, tu es tout contre moi. Tu dors enfin, tu as lâché prise, lâché de ta journée, de tout de ce que tu as vécu. Tout ce que tu as ressenti, tout le positif comme le négatif. Tu respires plus doucement, tes épaules sont relâchées, ta mâchoire est décrispée. Enfin.

Mon enfant, je constate que, depuis ces derniers, tu ne dors plus sans une présence physique, « humaine » comme tu me le dis… sans une présence physique qui t’apaise et fais plonger dans le sommeil. Notre chat ne t’est d’aucune utilité, tu ne lâches plus prise…

Dans la journée, je te vois et je t’observe, mon enfant. Tu es grand, fin, tu changes tellement et tout autour de toi, aussi, a changé. Tes amis, les codes sociaux, ce que tu en comprends. Chacun va vers plus d’autonomie, des codes qui changent, de l’implicite que je vois et que tu ne perçois pas, l’envie ou non d’appartenir à un groupe.

Tes gestes sont saccadés, tu es maladroit, parfois, souvent. Peut-être que mon regard, mon attention n’aident pas… peut-être suis-je trop attentive alors que je devrais laisser couler mais après tout, je ne suis que ta maman qui s’inquiète parfois pour tout, pour rien.

enfant autisme

Je sais que parfois, tu es différent. Tes pensées sont comme des moineaux qui volettent de branches en branches. Elles sont pertinentes et on ne sait jamais où elles vont se poser. Elles sont en arborescence, pourrais-je dire. J’ai du mal à te suivre, parfois. D’autres fois non, et parfois, quand je suis fatiguée, je n’ai pas envie, je ne cherche pas.

Tu aimes la lecture, tu as relu plus de 7 fois toute la saga des livres Harry Potter. Tu connais certaines répliques par cœur, tu les as même intégrées dans ta façon de parler. Elles font partie de toi, elles sont tes références incontournables. Tu m’a déjà demandé de te donner une chaussette pour te sentir libre !

autisme enfant

Tu portes souvent les mêmes jeans et les mêmes sweats à capuche, parce que tu te sens bien dedans. Tu aimes les vêtements confortables, doux et sécurisants. Je te vois parfois faire tes devoirs avec ta capuche enfoncée jusqu’aux yeux, je n’ai pas compris tout de suite que c’était pour mieux te protéger de l’extérieur et mieux te concentrer.

Mon enfant, tu grandis vite et les autres enfants de ton âge commencent à se se tenir par la main dans la cour de l’école. Toi, on dirait que tu t’en fiches. Comme si tu pensais que les sentiments amoureux étaient beaucoup moins utiles que les livres, les maquettes ou les puzzles.

Parfois, une insondable vague de tristesse te submerge. Une chanson mélancolique à la radio et tu fonds en larme. Un animal écrasé sur le bord de la route et ta journée est fichue. Tu es certainement hypersensible, je me reconnais aussi dans ce trait que je t’ai peut-être transmis…

 

Mon enfant, tu grandis vite et les autres enfants de ton âge commencent à se se tenir par la main dans la cour de l’école. Toi, on dirait que tu t’en fiches. Comme si tu pensais que les sentiments amoureux étaient beaucoup moins utiles que les livres, les maquettes ou les puzzles.

 Parfois, une insondable vague de tristesse te submerge. Une chanson mélancolique à la radio et tu fonds en larme. Un animal écrasé sur le bord de la route et ta journée est fichue. Tu es certainement hypersensible, je me reconnais aussi dans ce trait que je t’ai peut-être transmis…

 

autisme enfant

On dit que tu as des intérêts spécifiques, que tu es atypique. Tu n’aimes pas les étiquettes, moi non plus. Il paraît que la vie, c’est comme une boîte de chocolats : on ne sait jamais sur quoi on va tomber.

chocolat

Je crois qu’il en va de même pour la vie avec une différence, mais avec une amplitude encore plus forte dans les surprises que nous réserve chaque bouchée. Parfois, c’est le meilleur rocher au Nutella de tout l’univers. Parfois, c’est une dragée aux crottes de nez de Bertie Crochue.

 Mon enfant, grâce à toi j’ai découvert ça : toutes les boîtes au chocolat ne se valent pas et les nôtres ne ressemblent pas à celles des autres. Elles sont plus surprenantes, plus imprévisibles, plus enrichissantes. Et si c’était une chance, finalement ?

Pour lire plus d’informations, à propos de l’autisme, vous pouvez lire un autre article sur le blog Vis ma vie d’aut(omobil)iste.

De merveilleuses associations oeuvrent pour informer et sensibiliser autour du TSA, aider les familles, coopérer et innover comme Autism’Aide35 notamment sur la région rennaise. Pour toute information, vous avez le GNCRA ou un Centre Régionale de l’Autisme – CRA. Il y a aussi des informations, des vidéos que vous pouvez trouver sur You Tube avec des auteurs comme Julie D., Faber Rice, Aspiemil.

D’autres auteurs de livres à feuilleter si vous le souhaitez = Julie Dauchez, Josef Schovanec, Tony Attwood, Hogo Horiot, …

Heureuse d’échanger avec vous à ce sujet …

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Pression du temps et accélération des rythmes : pourquoi doit-on sortir de ce schéma ?

Pression du temps et accélération des rythmes : pourquoi doit-on sortir de ce schéma ?

Avez-vous remarqué tout s’accélère ? Que nous devons accomplir toujours plus de tâches le plus rapidement possible ? Les effets de cette pression constante sur notre cerveau et notre santé physique sont loin d’être anodins. Comment y remédier ?

Petite histoire de la pression du temps

La pression du temps a longtemps considérée comme un stimulant. Mais son abus s’avère contre-productif, entraînant baisses des performances et arrêts maladie à répétition. A l’heure actuelle, les trois quarts des salariés français estiment manquer de temps au quotidien et les deux tiers ne sont pas satisfaits des solutions proposées par leur employeur… Révélateur, non ?

pression

Comment en est-on arrivé à une telle situation ?

La masse d’informations échangées et l’injonction à la communication permanente avec l’arrivée d’internet puis des réseaux sociaux ont rendu la vie professionnelle complexe et exigeante. Mais il ne s’agit que d’outils.

pression

Un autre facteur d’accélération des rythmes de travail est l’évolution de sa perception. Dès le début du XXème siècle, des chercheurs se sont penchés sur la question en réalisant des expériences avec des souris soumises à des décharges électriques… Plus la décharge était forte, plus la souris exécutait une action rapidement. Mais au-delà d’un certain seuil, l’effet inverse se produisait. C’est ainsi qu’est née la loi de Yerkes-Dodson, selon laquelle le stress, dans une certaine mesure, est nécessaire pour obtenir des performances optimales d’un salarié.

Or, ce n’est pas si simple que cela… car chacun réagit différemment. Si la pression du temps accroit les performances ou la créativité de certains, elle génère agitation et tensions chez d’autres.

Quand la pression du temps devient trop forte…

L’équilibre entre la vie personnelle est la vie professionnelle est en première place des attentes des salariés, devant la performance ou la rémunération. La stimulation par le temps a-t-elle fini par atteindre ses limites ?

 

Une synthèse d’une trentaine d’études sur le sujet, parue en 2019, indique clairement que le stress, y compris celui induit par la pression du temps, n’a aucun effet significatif sur les performances professionnelles ! Au contraire, l’augmentation aveugle de la stimulation par le stress entraîne plutôt une baisse de productivité, voire des dégradations du matériel de l’entreprise.

travail

Les salariés sous pression adoptent en outre des comportements de survie face aux injonctions du management. On s’interdit de faire une pause, on raccourcit un congé maladie, on emporte des dossiers à la maison, on avale un sandwich sur le pouce devant son écran, on fait moins de sport… autant de micro-comportements cumulés qui, à long terme, ont des conséquences parfois dramatiques :

travail
  • troubles du sommeil
  • hypertension
  • épuisement émotionnel
  • troubles anxieux
  • burn-out
  • dépression…

…sans parler de l’ambiance délétère au sein de l’entreprise, où le mal-être entre les collaborateurs est aussi contagieux.

Envie de voir tout cela en visuel ? C’est ici ! ou sinon en podcast ici.

Besoin d’en parler ? Vous pouvez me contacter, ici.

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[Témoignage d’autiste] Vis ma vie d’aut(omobil)iste

[Témoignage d’autiste] Vis ma vie d’aut(omobil)iste

 Je suis une femme de 44 ans, j’ai un Trouble du Spectre Autistique (TSA) s’inscrivant dans un syndrome d’Asperger et je vais vous raconter comment ça se passe quand je conduis ma voiture.

Contrairement à de nombreux autistes, je n’ai aucun souci de coordination ou de vision périphérique, je conduis facilement et j’éprouve même beaucoup de plaisir à le faire.

Contrairement à un cliché tenace, je ne suis pas non plus représentative du vieux proverbe moisi : “femme au volant, mort au tournant”. Voilà, c’est dit !

J’effectue régulièrement le trajet Fougères-Paris en voiture. La veille de chaque départ, je vérifie l’itinéraire et le temps de trajet sur Google Maps. Même si je les connais par cœur. C’est au cas où une dilatation de l’espace-temps ajouterait une heure de trajet comme ça, sans prévenir. Ou s’il y a des travaux en cours de route et que je ne suis pas prévenue : c’est l’angoisse. Ou la colère. Ou les deux.

la conduite et l'autisme

Inutile de préciser que je ne fais jamais de covoiturage avec des inconnus. J’ai déjà tenté plusieurs fois, mais le bilan de mes retours d’expérience penche trop du côté des inconvénients. Les gens que j’ai rencontrés n’étaient pourtant pas désagréables, certains étaient même très sympa.

Mais créer du bavardage pour meubler 300 km de trajet, non seulement ça ne coule pas de source pour moi, mais en plus ça m’épuise. J’ai souvent été la passagère murée dans le silence ou qui faisant semblant de dormir pour ne pas avoir à gérer des interactions sociales, j’avoue.

Mais revenons à mes trajets Fougères-Paris seule au volant (ô joie !). Je m’arrange toujours pour faire le plein à l’aller à la même station. Parce qu’elle est située sur le côté droit de la chaussée, donc c’est logique.

Si je dois faire le plein à cette station lors du trajet retour, cela me provoque une sensation inconfortable, parce que la station n’est plus du “bon côté de la route” ! C’est stupide, n’est-ce pas ? Eh bien pas pour moi !

conduite automobile TSA

Je sais que je vais rejoindre l’autoroute A81 exactement une heure après mon départ et que le péage d’entrée est situé au niveau du km 250. L’A81 rejoint l’A11 peu avant Le Mans au km 175, il y a un radar fixe au km 118. Après le péage de Saint-Arnoult (km 24), je sais qu’il reste 45 minutes de trajet jusqu’à ma destination (sous réserve d’embouteillages). Au total, j’aurai roulé 3h45 et franchi 37 feux tricolores, dont 36 entre Clamart et Châtillon.

J’aime bien les chiffres, au cas où ça vous aurait échappé.

Pendant le trajet, j’écoute une sélection de podcasts que j’ai préparée à l’avance pour éviter de manipuler mon téléphone en conduisant (fun fact : je suis absolument incapable de téléphoner pendant que je conduis). J’écoute les émissions en réglant le volume à 30 ou à 40, donc exclusivement sur un multiple de 10. 

Oui, je sais, ça a encore l’air stupide. Et je vous comprends… 

Je vous passe les détails sur ma manie de baisser les deux vitres en même temps quand je prends un ticket ou que je paie le péage ou sur ma connaissance pointue des numéros de département sur les plaques d’immatriculation.

J’aime bien les chiffres, mais je l’ai déjà dit, non ?

voiture autisme

En résumé : pour moi, un trajet en voiture doit être réglé, minuté, sans mauvaise surprise ni passager inconnu. Sinon, c’est l’angoisse. Ou la colère. Ou les deux.

Une chose est sûre : chaque autiste est différent et prend comme il peut le volant de sa vie !

 Crédit photos : Unsplash

Comment améliorer son bien-être au travail quand on est hypersensible ?

Comment améliorer son bien-être au travail quand on est hypersensible ?

Un salarié sur 3 en France s’est déjà retrouvé dans une situation d’épuisement professionnel, notamment car les conditions de travail sont de plus en plus difficiles. Les hypersensibles font partie des personnes les plus exposées aux risques de burn-out. Pour quelles raisons ? Comment améliorer les conditions de travail si vous êtes hypersensible ? On fait le point sur la question.

Pourquoi les hypersensibles souffrent-ils davantage au travail ?

 Les personnes hypersensibles présentent plus de risques que les autres de souffrir de stress ou d’épuisement mental. En effet, des problèmes de concentration et une très forte émotivité sur le lieu de travail peuvent survenir si des conditions défavorables sont réunies, par exemple :

  • Un environnement de travail agité et bruyant
  • Une mauvaise ambiance sur le lieu de travail, des relations tendues entre collègues
  • Des objectifs de performance difficiles à réaliser
  • Un management distant, très peu à l’écoute des équipes
bureau
entreprise

Les hypersensibles risquent d’être “sur-stimulés” par un environnement extérieur où tout peut devenir source d’angoisse : un open-space bruyant, une lumière agressive, une remarque déplacée d’un collègue…

Alors qu’un hypersensible est souvent minutieux, a besoin de temps pour analyser et de calme pour se concentrer, il ne peut pas s’épanouir dans une entreprise moderne où la précarité croissante des conditions de travail s’ajoute à des exigences de performance et de flexibilité toujours plus grandes.

Comment améliorer la qualité de vie au travail des hypersensibles ?

Pourtant, il est reconnu que les hypersensibles, lorsqu’ils travaillent dans les bonnes conditions, obtiennent de meilleures performances que leurs collègues ! Quels sont les leviers sur lesquels il est essentiel d’agir pour améliorer le bien-être au travail si vous faites partie des personnes hypersensibles ?

travail
  1. Adopter un environnement de travail calme

Personne n’aime les open-spaces, et surtout pas les hypersensibles ! Si vous le pouvez, installez-vous dans un bureau isolé du bruit et de l’agitation ou travaillez depuis chez vous. Le calme est la priorité absolue pour vous.

  1. Prendre de la distance avec les émotions des collègues

Si vos managers manquent de bienveillance ou que vos collègues aiment les commérages, essayez de prendre du recul. Vous n’avez pas besoin de réagir à tout ce qui se passe autour de vous et vous pouvez faire une pause-café avec d’autres personnes avec qui vous vous sentez en sécurité.

hypersensibilité
  1. Adapter un comportement aligné avec vos valeurs

Les hypersensibles accordent en général beaucoup de valeur à leur intégrité et refusent de faire des “coups en douce” pour obtenir une promotion par exemple. Mais l’empathie est aussi un atout précieux pour se mettre en avant et avoir une bonne réputation “sans se salir les mains” !

  1. Apprendre à gérer vos propres émotions

La surstimulation peut provoquer des tsunamis émotionnels chez les hypersensibles, et de tels débordements peuvent être préjudiciables sur le lieu de travail. Des techniques simples de sophrologie pour un retour au calme peuvent vous aider à mieux gérer ces situations. 

    1. Demander des temps de réflexion

    Aujourd’hui, il faut être rapide et performant en toutes circonstances. Un hypersensible n’est généralement pas doué pour prendre des décisions dans l’urgence… mais après un temps d’analyse et de réflexion, ses décisions sont souvent les bonnes !

    hypersensibilité

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